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Un psychiatre témoigne

Témoignage et analyse d’un psychiatre

1. Voici le témoignage par un psychiatre de l’évolution d’un enfant élevé par un couple homoparental
« Il s’agit de Marcos actuellement âgé de 20 ans.
Ce n’est pas un enfant que j’ai suivi au cabinet.
Mon propre fils a été dans sa classe dès la maternelle puis plusieurs années de suite, ainsi une franche camaraderie est née entre eux et nous avons pu recevoir Marcos à la maison. J’ai pu ainsi suivre le développement de Marcos, de l’âge de trois ans à sa majorité.
Cela m’intéressait au plus haut point en tant que psychiatre.
Ce témoignage est donc véridique. Seuls les prénoms y ont été changés pour préserver l’anonymat des personnes impliquées.
En tant que « Psy », je n’ai pu m’empêcher de réfléchir tout au long de ces années sur ce qui pouvait se passer pour cet enfant dans le développement de sa personnalité.
Aussi, après avoir rapporté ce que j’ai vu de Marcos, je tenterai d’analyser au vu des connaissances psychologiques actuelles comment il s’est construit.Louise & Dominique vivaient en couple depuis plusieurs années. Elles avaient un désir croissant d’enfant.
Elle décidèrent donc de faire des démarches pour en adopter un.
Ne pouvant pas le faire en couple, c’est Louise qui se chargea des démarches.
Après beaucoup de patience elles purent accueillir le petit Marcos bébé chez elles.
Lorsque je rencontrais Marcos pour la première fois, il était âgé de trois ans.
Il était en petite section de l’école maternelle.
Cette entrée à la maternelle a été l’occasion pour Marcos de découvrir d’autres enfants vivant dans des familles avec père et mère.
Il n’a pas manqué de faire la comparaison ; un peu plus tard les enfants de l’école se sont parfois montrés indélicats ou même féroces en se moquant de lui parce qu’il avait des mères lesbiennes.
Les enseignants ont eu beau essayer de protéger l’enfant, Marcos a beaucoup souffert de cette différence et de ces quolibets.
La préparation de la fête des pères était pour lui véritablement dramatique.
L’enfant pleurait à gros sanglots en disant : « Et moi j’ai pas de Papa, et moi j’ai pas de Papa ! ».
La maîtresse avait bien proposé de faire les dessins pour la deuxième Maman mais là Marcos avait refusé tout net pleurant de plus belle et répétant toujours la même phrase : « Et moi j’ai pas de Papa ! ».
Ce fut ainsi tous les ans jusqu’au Cours préparatoire où l’on arrêta de préparer la fête des pères.A la fin du primaire, Marcos était un bel enfant, de constitution gracile, au contact facile et agréable.
Il était cependant très insécurisé, anxieux et pleurait facilement.
Une chose m’a surpris : un jour qu’il était à la maison il parla de ses deux mères en disant qu’ils les appelait chacune « Maman », sans distinction.
Je pensais jusqu’alors qu’il devait les appeler « Maman-Louise » et « Maman-Dominique » pour que les choses soient plus claires, mais non, chacune des deux femmes dans son désir de maternité se faisait appeler « Maman » tout court.
C’était bien sûr la source de multiples confusions mais l’enfant s’est toujours plié à cette demande.Adolescent, toujours dans le même collège que mon fils, il évolua tout doucement vers une effémination de plus en plus marquée.
Vers l’âge de dix-sept ans tout le lycée était au courant que Marcos était homosexuel.
Après son bac, Marcos s’est lancé dans des études de styliste dans lesquelles il excelle pour le moment.Personnellement j’ai revu récemment Marcos : il avait vingt ans.
Il sortait d’une voiture luxueuse conduite par un quinquagénaire qui l’accompagnait.
J’ai bien sûr tout de suite fait le lien avec ce fameux Papa qui manquait tant à Marcos enfant.
Il paraissait logique que Marcos de tendance homosexuelle ait été attiré par ce qui lui avait toujours manqué et qu’il ait choisi un père–substitut.Il s’est montré avenant envers moi, comme par le passé.
Une chose m’a peiné : il n’avait pas l’air heureux ni épanoui. »2. Analyse du développement psychoaffectif de Marcos

Comme je le disais plus haut, en tant que psychiatre, je n’ai pu m’empêcher de réfléchir tout au long de ces années sur ce qui se passait pour cet enfant dans le développement de sa personnalité.
Dans cette analyse, nous redéfinirons ce qui se passe pour un enfant adopté évoluant dans un foyer dit « normal » et nous essaierons de comprendre ce qui s’est passé pour Marcos.
Premier élément, Marcos a été adopté bébé ce qui est bien sûr de meilleur augure quant à la blessure provoquée par l’abandon.
Pour un bébé adopté arrivant dans un foyer classique, il va se produire pratiquement la même chose que pour un enfant biologique, à savoir un attachement fusionnel à la mère.
La mère, parce qu’elle passe plus de temps avec l’enfant et que c’est le plus souvent elle qui le nourrit et lui procure tous les soins dont il a besoin, devient son pôle de sécurité.
L’attachement fusionnel se fait donc tout naturellement : c’est ce que l’on appelle la dyade « mère-enfant ».
Cet attachement à une seule personne est extrêmement sécurisant ; s’il n’a pas lieu, par exemple dans le cas d’une mère absente ou fuyante ou extrêmement dépressive, l’enfant en grandissant en porte les conséquences pendant de nombreuses années.Ensuite, après quelques mois, la relation au père prend de plus en plus d’importance : le rôle du père est de séparer petit à petit l’enfant de sa mère pour les sortir de cette fusion qui, nécessaire au tout début, risquerait de conduire l’enfant vers des troubles psychiques importants.
Cette intervention du père conduit à une relation triangulaire, étape fondatrice qui amène l’enfant en quelques années à la triangulation oedipienne, base de la réussite de sa vie amoureuse et sexuelle ultérieure.
Pour Marcos : la dyade « mère-enfant » classique n’a pu se constituer.
Il s’est passé quelque chose de très peu étudié encore par les psychologues : une relation à la fois triangulaire et fusionnelle dans les premiers mois.
Je ne sais que penser des conséquences psychologiques de cette situation.Ensuite, le rôle séparateur du père n’a pu intervenir.
Je pense que cette séparation n’a commencé à s’effectuer qu’à partir de l’école, donc avec un an de retard par rapport à la norme.
Le tiers, en l’occurrence, n’étant pas représenté par une personne mais par de multiples personnes (maîtresse, aide maternelle, autre enfants).
Il me semble que là réside la principale source d’anxiété pour Marcos.
De plus, la maternelle, nous l’avons dit plus haut, a été l’occasion pour Marcos de découvrir d’autres enfants vivant dans des familles avec père et mère.
La comparaison a été pour lui douloureuse : se trouvant seul dans ce cas, il n’avait personne à qui se raccrocher, à qui s’identifier.
Mais plus perturbant encore pour sa construction intérieure : l’absence totale d’Oedipe vers l’âge de cinq, six ans.
En effet, à cet âge, le petit garçon éprouve pour sa mère un émerveillement proche du sentiment amoureux.
Il considère donc son père comme un rival à évincer et entre en rivalité avec lui.
Il lui faut bien admettre au bout d’un certain temps qu’il ne pourra prendre la place du père.
Finalement, puisque le père a une place de choix dans le cœur de la mère, il opte pour l’identification au père pour pouvoir se construire en tant qu’homme.
C’est ainsi que se résout le complexe d’Œdipe vers neuf ou dix ans.
On voit bien ici combien ces étapes ont pu être bouleversées chez Marcos.Or, si ces étapes ne se sont pas passées correctement avant l’entrée dans l’adolescence, le jeune n’aura pas accès à la génitalité.
Il sera perturbé dans son sens de l’altérité et de la complémentarité avec l’autre sexe.
Cela peut aboutir à une incapacité à avoir une relation amoureuse stable à l’âge adulte ou bien encore, comme ce fut le cas pour Marcos, à une évolution vers l’homosexualité.
D’autant plus que les quelques hommes auxquels Marcos a pu s’identifier pendant sa jeunesse étaient ceux que fréquentaient ses mères et donc, souvent, eux-mêmes homosexuels.Au vu de cette histoire vécue, il apparaît donc que l’éducation par un couple homosexuel peut être extrêmement déterminante pour l’avenir de l’enfant et que beaucoup d’étapes fondamentales dans son développement sont profondément perturbées.
Cela invite à réfléchir sur le bien fondé pour l’enfant à être conçu (via un tiers donateur de gamètes) ou adopté au sein d’un foyer homosexuel.
Dr R.
3 commentaires sur “Un psychiatre témoigne”
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Webmaster
Ce témoignage n’a qu’une valeur ponctuelle comme tout témoignage et il n’est pas question d’en tirer une règle générale : il est juste là pour susciter une réflexion intéressante puisqu’il s’agit d’un suivi sur 20 ans, ce qui permet de bien comprendre et analyser ce qui s’est passé pour cet enfant.
Dans ma pratique, je n’ai jamais été confronté à des personnes élevées par deux pères ; cependant j’ai pu voir des adultes hétérosexuels qui ont été élevés par deux femmes homosexuelles. Ces adultes décrivent un mal-être certain (difficulté à avoir une relation durable, manque de confiance en soi, échecs à répétitions…) qui témoignent ouvertement de l’injustice ressentie par leur situation familiale (j’ai eu 2 mères et pas de père !).
D’où mon interrogation par rapport au bien de l’enfant qui grandit dans ce contexte. -
Dr S. (Simon)
Cher confrère, cher “Dr R.
Dans ma pratique, je reçois régulièrement des adultes qui ont été élevés par un homme et une femme hétérosexuels. Ces adultes décrivent un mal-être certain (difficulté à avoir une relation durable, manque de confiance en soi, échecs à répétitions…) qui témoignent ouvertement de l’injustice ressentie par leur situation. Pourtant, leurs parents, hétérosexuels, ont été entourés de personnes, bien sûr, hétérosexuelles… Cela me rend perplexe sur l’éducation, l’amour, les soins qu’ont reçus ces patients.
Voilà où j’en suis de mon interrogation… et vos craintes sur des troubles potentiels des enfants ayant des parents homos ne m’aident oas à prendre en charge la réalité de mes patients hétérosexuels.
Bien confraternellement
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Webmaster
Cher confrère,
Bien sûr, moi aussi je rencontre tous les jours des enfants d’hétéros en difficulté d’identité, de stabilité affective et de confiance en soi…
Bien sûr, il n’existe pas de parents parfaits et chacun porte ses blessures et, s’il manque de recul, les transmet.
Mais de grâce, n’allons pas rajouter aux difficultés en confiant des enfants à des couples homosexuels.
Tous ceux que j’ai eus à suivre sont révoltés de ne pas avoir eu une “vraie” famille avec un Papa et une Maman comme tout un chacun.
Les hommes, par exemple, que j’ai pu suivre, élevés par 2 femmes et qui se sont développés de façon hétérosexuelle, rencontrent de vraies difficultés pour être mari et père (ils ont peu de références et de modèles identificatoires).
J’en connais notamment un pour qui c’est une véritable catastrophe à la seconde génération (enfant délinquant et totalement assisté par ses parents)
Évidemment, ça n’est pas une preuve mais cela porte à réfléchir.
Tout cela me paraît être du simple bon sens !
Bien confraternellement.
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